Tanger - Chronique Album "Il est toujours 20 heures Dans le Monde Moderne" 2008

Tanger - Festival Indétendances 2008




Chronique Album

Tanger - Chronique Album "Il est Toujours 20 Heures dans le monde Moderne" - Pierre Derensy


Au jeu du titre de l’album le plus long de l’année, Tanger a des chances de gagner. A l’écoute de ce quatrième album, ils pourraient aussi récupérer une victoire de la musique. Encore faudrait il connaître dans quelle catégorie il est nécessaire de les inclure sans troubler le sommeil des spectateurs de cette soirée hautement symbolique.

Jusqu’à présent, Tanger (en référence à Matisse) était un groupe disons, conceptuel, avec de nombreux projets de leur mentor et leader Philippe Pigeard, comme de partir dans les montagnes du Rif, à Jajouka avec les Masters Musicians au moment de l'Aïd el-khébir, beaucoup d’autres performances viendront par la suite, des performances qui mêlent toutes les « matières » artistiques (cinéma, art plastique, musique forcément, etc.) au point de considérer Tanger comme le groupe pop-art par excellence. C'est-à-dire un groupe doué mais totalement incompris de son époque, et qui fait (par dépit) une belle carrière underground.

Recentré autour de son trio original, laissant du temps au temps : à peu près 4 ans, Tanger s’est offert une cure de simplicité sans perdre de vue la qualité. « Il est Toujours 20 Heures dans le Monde Moderne » est un disque glam comme on en n’entend plus beaucoup et encore moins dans l’hexagone. L’exemple type de l’utilisation à bon escient de l’analogique et du numérique. De ces sonorités hybrides, de ce bagage culturel impressionnant, l’album en puise un dynamisme unique.

Débutant « art-brut » pour point dans l’éléctro-pop-rock, comme sur « La Fée de la Forêt » en ahurissante mélodie rock sur un propos terrible d’une agilité dadaïste, montre que les cérébraux peuvent emprunter la piste de danse sans être ridicules. « Il y a un Ange » modéré et complètement distinct des manières gouailleuse d’utiliser le son et les guitares du début du disque, fait un bien terrible pour reprendre son souffle.

« Sur la Banquise » rythmée sous un bel air d’Orient digital, le duo parfait avec Nina Morato pour « Parti Chercher des Cigarettes », la civilisation démoniaque de « Time Tunnel » et le coup du chapeau classique sur « Le bon Usage du Vent » marque le retour d’un grand groupe qui a eu l’intelligence de faire exploser les enceintes et rencontrer (enfin) le grand public.