Manu Chao - Chronique Album "La Radiolina" 2007

Manu Chao - La Fête de L'Huma 2009




Chronique Album

Manu Chao - Chronique Album "La Radiolina" - Pierre Derensy


Cet album est peut être la preuve que la galette CD n’est plus le seul moyen de faire passer un message pour un musicien. Ayant diffusé ses chansons sur le net via myspace ou son site personnel : manuchao.net, par bout de 4 pistes mixé ou remixé, Manu dit ciao définitivement au sacro-saint système qu’il avait déjà renié depuis un certain nombre d’années.

Alors que pouvons nous retirer de ce nouvel album « traditionnel » ? Le retour au rock et au riff de guitare qui remplace le pimpon des sirènes de Bamako. Ce nouveau gimmick dans le sac à dos, Manu Négra signe un come-back électrique world. «Rainin In Paradize » qui avait ouvert la marche révolté de ce citoyen du monde nous a accompagné tout l’été, le début de l’album est rationnel bien qu’il soit (et ce depuis «Clandestino») impossible de savoir si Manu Chao souhaite nous voir danser sur ses chansons, organiser des forums alter mondialistes ou dévaliser les disquaires spécialisés en bruits d’inconnus sortis du dessous du volcan d’Amérique Latine.

Eternel enfant de l’amour et touche à doux, ManuSon ‘Portunol’ entre espagnol et portugais n’a pas le même pouvoir que la langue inventé d’un Nosfell ou le rap intelligent d’un James Deleck (j’y reviendrais dans une autre chronique). Dans le reste de l’album ce voyageur incorrigible s’est peut être perdu en route à force de tourner dans des bus au diesel. La contestation de la bureaucratie Bush et de l’impérialisme nord-américain c’est bien mais ça demande du sérieux, sérieux qui manque peut être ici.

On sent bien que le cactus pique encore au cul et nous oblige à y croire mais le cœur n’y est plus. La révolution ne passera pas par « La Radiolina », reste que le programmateur de cette radio a une track-list foutraque qui plaira au petit occidental ou au fanatique asiatique. Peut être qu’on ne change pas une formule qui gagne et qui fédère un nouvel état d’esprit qui est une institution qu’on ne critique pas.