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Les Fatals Picards - Concert L'Olympia (Paris) 2010

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Interview

Les Fatals Picards - Interview - Pierre Derensy


Faire une interview des Fatals Picards, en l’occurrence avec Yvan et Paul 2 membres du groupe : c’est un privilège. Surtout quand vous savez qu’il est possible de mettre la patate dans le délire tout en essayant de rester sérieux deux minutes pour faire comprendre aux lecteurs que leur disque est une somme de drôlerie mais aussi un très bon album qu’il faut absolument acquérir afin de se dire qu’on est pas tout seul au monde et qu’il y a de l’espoir à travers l’humour. Rendez-vous avec ces bêtes de l’Eurovision et des salles de concerts juste après un repas…

Pierre :
Bonjour messieurs, alors est ce que vous avez bien mangé ?
Les Fatals Picards :
On a presque finis... on est en train de digérer là.
Pierre :
Je peux poser quelques questions tout de même ?
Les Fatals Picards :
Tu peux poser autant de questions que tu veux on te répondra le mieux qu’on peut !
Pierre :
Bon vous pensez qu’à 5 vous avez une chance contre Bernard Lavilliers ?
Les Fatals Picards :
Ha non car Bernard Lavilliers c’est notre ami. Il a écouté notre chanson et il la trouve très bien. En fait on pensait qu’il voulait nous casser la gueule mais non. On se moque pas du chanteur mais du personnage qu’il est. Comme il arrive à s’en amuser aussi : tout va bien entre nous.
Pierre :
De toute manière il n’y a aucune méchanceté dans vos chansons ?
Les Fatals Picards :
Bha ça arrive quand même un peu (rire) mais là ce n’est vraiment pas le cas, juste une petite taquinerie. C’est de sa faute aussi : à force de raconter des tas de choses, d’extrapoler sur sa vie on le caricature.
Pierre :
On a l’impression que ce qui vous énerve par dessus tout dans vos sujets c’est que le mythe prenne le pas sur la réalité ?
Les Fatals Picards :
On aime bien transposer des personnages de fictions dans la réalité. Mettre Derrick dans la vie de tous les jours c’est franchement jouissif.
Pierre :
J’espère que vous allez le prendre comme un compliment mais pour moi « Pamplemousse Mécanique » c’est une sorte de Charlie-Hebdo en musique ?
Les Fatals Picards :
Tu nous mets la pression là... oui on accepte... les mots nous manquent… On est un peu moins politique que Charlie mais dans l’esprit on se reconnaît chez eux. En fait nous sommes aussi comme « Pif Gadget » mais sans gadget.
Pierre :
Le groupe est né d’une problématique électrique selon votre bio ?
Les Fatals Picards :
C’est un peu compliqué de faire des bio alors on essaye de prendre un angle d’attaque et là je ne sais pas pourquoi je suis partis sur une histoire de va et viens électrique. Il y avait peut être un fond de Claude François qui nous trottait dans la tête…
Pierre :
Comme il y a prescriptions vous avouez donc la mort de Cloclo ?
Les Fatals Picards :
Ho l’autre hé ! t’es vraiment pas sympa ! Non, non, non ce n’est pas à cause de nous qu’il est mort, par contre effectivement on a un lien avec la mort de Thierry Sabine mais on ne peut pas te révéler pourquoi.
Pierre :
En parlant de va et vient, pour vous le groupe c’est une entité ouverte ou tout le monde peut venir et s’inviter pour jouer ?
Les Fatals Picards :
Alors ça pas du tout ! c’est même hors de question parce que nous ça fait longtemps qu’on fait de la musique, on a joué dans des lieux vraiment pas très prestigieux, même dans la rue tu vois. Alors les gens qui s’incrustent pour jouer avec nous qui sont très souvent pas très bon et un peu bourré : je vais te dire que ça nous fait pas plaisir. On a un spectacle qui est pas mal rodé, on invente de nouveaux trucs à chaque fois, on est très généreux dans notre manière de donner le spectacle aux gens, l’interactivité, mais il y a des limites. On est assez vieille France… limite conservateur : le public d’un coté et nous de l’autre. On leur fait des bisous à la fin… les filles surtout.
Pierre :
Ca vous évite d’avoir des joueurs de D’jembé, une de vos chansons les plus drôles de l’album ?
Les Fatals Picards :
Exactement ! En plus si tu invites un mec sur scène tu te retrouves toujours fatalement avec un gars qui joue des percussions.
Pierre :
La différence entre vous et moi, c’est que je peux appeler les flics si il m’ennuie mais vous c’est votre public ?
Les Fatals Picards :
T’inquiète pas que si il nous casse les pieds on hésitera pas à le dire. On peut être virulent avec le public car il y a des gens qui dépassent les limites et il faut leur dire. On a l’habitude de dire « Ta gueule c’est notre spectacle ». On est pas là pour s’embrouiller avec les gens mais si ils nous cherchent ils nous trouvent (rire). Après on essaye de raccommoder le truc… de toute manière nous sommes quand même en ce moment le groupe qui représente le mieux l’amour.
Pierre :
Des fatals mais gentils ?
Les Fatals Picards :
On est le 5ème groupe français qui représente la gentillesse ! Y a un classement très pointu hein ! On a perdu 3 points car Paul a dit un « Ta gueule » pendant un concert. Y en a qui sont devant nous car ils sont gentils mais pas très futés… je citerais personne !
Pierre :
Si ! un nom ?
Les Fatals Picards :
Ok ben Cali alors ! ouais c’est bon que les fans ne viennent pas nous reprocher de l’avoir cité : on déconne (rire)
Pierre :
Sérieusement comment fonctionne les F.P quand ils décident de faire un nouveau disque ?
Les Fatals Picards :
Ils écrivent sagement. A trois : Laurent, Paul et Yvan. On se met autour d’une table. On trouve une idée, on argumente, on laisse un peu mijoter puis ensuite on y revient. Des fois on abandonne une chanson, des fois on continue sur la lancée. Quand elle est presque fini on s’attaque à la musique et ensuite on mélange le tout pour que ça rentre dans le cadre. Après on la joue et si elle est bien et qu’elle marche on la garde. Donc après on l’enregistre, après les gens ils l’achètent, après on gagne beaucoup d’argents et après on monte un club de poney mais après le club fait faillite car les poneys meurent tous d’une maladie qui frappe surtout les porcheries mais qui attaque aussi les poneys. Mais on s’en tire bien car on avait eu l’idée de construire une piscine avec des dauphins.
Pierre :
Les Fatals Picards en studio c’est la grande angoisse ou un moment sympa ?
Les Fatals Picards :
On fait de la musique surtout pour la scène. On a monté notre propre studio pour être hyper libre dans l’enregistrement donc on a tout notre temps pour enregistrer. Par contre quand on a écrit les chansons on est assez pressé qu’elles soient enregistrées. On prend pas un pied phénoménal de toucher à tous les boutons.
Pierre :
La création d’Adone votre label, c’était pour vous laisser l’entière liberté dans vos paroles ?
Les Fatals Picards :
Non, que ce soit en auto production, avec Adone, ou avec Warner maintenant on est toujours très libre de faire ce que l’on veut. Adone c’était pour répondre à un soucis très pragmatique : on est notre propre tourneur depuis longtemps mais nous n’avions pas de structures pour des questions très terre à terre, par exemple des facturations. On avait l’opportunité de s’organiser avec un autre groupe et suffisamment de dates pour imaginer un fonctionnement autonome avec une personne qui s’occupe de nous. Ca gère aussi les emplois du temps de tout le monde car il y a pleins de gens qui participent à plusieurs projets dans Adone. C’est une sorte de grande famille. Tout le monde ne s’aime pas nécessairement, y en a même qui se détestent, mais on fait notre possible.
Pierre :
C’est parce que vous commencez à vieillir que vous devenez nostalgiques ?
Les Fatals Picards :
Arrête hein ! On a 24 ans de moyenne d’âge ! Un peu plus peut être… non c’est une touche en plus qui est tombé sur notre album sans idées prédéfinies avant. On écrit des chansons et pour le coup il y en a quelques unes qui sont un peu plus nostalgiques. Par exemple « Mon père était tellement de Gauche » cela devait être une sorte de duel de tchatche, un peu à la Fabulous Troubadour. Avec des phrases comme « Ouais mon père était tellement de gauche que lorsque le mur de Berlin est tombé il est partis chez Casto pour acheter des parpaings… ouais mais moi… etc » tu vois c’est un peu une duel et pas du tout nostalgique et c’est arrivé après coup. Elles sont devenus nostalgique comme ça en les écrivant. Elles se sont imposés comme ça… peut être que c’est à cause de notre âge… on en sait rien…Yvan par exemple en vérité il a 62 ans.
Pierre :
62
Les Fatals Picards :
Oui Monsieur ! il a un an de plus que Polnareff mais on ne le sait pas car il n’a pas de cheveux. Il est pas blond !
Pierre :
Tout le monde en prend pour son grade sur votre disque ?
Les Fatals Picards :
Pas tout le monde… je dirais juste beaucoup de monde. Mais attends il y a des gens qui le cherchent aussi ! c’est pas nous.
Pierre :
Pour équilibrer dites moi un peu de mal de vous ?
Les Fatals Picards :
Les Fatals Picards ils sont racistes ! Sincèrement on est les premiers à se foutre de notre tronche. T’as vu notre nom déjà ? Fatals Picards : c’est un nom ridicule, sur scène on est habillé genre classe mais un peu ratés. On hésite pas à se vanner sur nos capacités à chanter… on est pas tendre avec nous. C’est pour ça qu’on vanne les autres car nous vanner nous c’est facile. Pendant l’Eurovision on se rentrait dedans avec les Wampas et c’est clair qu’ils nous traitaient de paysans.
Pierre :
Superbus qui gagne l’album rock de l’année c’est une vanne ?
Les Fatals Picards :
Ca te prouve que les gens qui votent aux victoires de la musiques ont beaucoup d’humour.
Pierre :
Indochine figurait dans cette catégorie ?
Les Fatals Picards :
Ils ont le privilège de l’âge, on peut plus les attaquer. Et Indochine c’est le troisième âge. Y en a tellement qui l’ont fait que c’est plus drôle. Superbus là aussi c’est plus la peine. C’est tirer sur une ambulance.
Pierre :
Remarquez ça vous laisse une chance pour la victoire de l’album urbano-world en 2008 ?
Les Fatals Picards :
Urbano-World-Dance-Techno s’il te plait ! Ils sont en train de plancher sur une nouvelle catégorie ou il n’y aurait que nous et on aurait 4 albums différents pour en faire gagner un. On espère bien y être l’année prochaine, on ne cherche pas la victoire mais tu sais bien qu’une expositions médiatique de cette ampleur on ADORE ça !
Pierre :
En parlant de genre : c’est quoi d’ailleurs le style des F.P ?
Les Fatals Picards :
Tu veux dire au niveau des fringues ?
Pierre :
Non
Les Fatals Picards :
C’est chanson, humour et autres trucs. Les autres trucs c’est secret, disons qu’on met dans notre musique des ingrédients un peu spéciaux, il y a de la sorcellerie. Blague à part, on fait de la chanson humoristique mais quand on dit chanson c’est pour regrouper un peu tout. Ce qui lie les chansons les une aux autres c’est un peu l’humour et après au niveau de l’orchestration c’est varié : rock- reggae… Y a une demoiselle qui vient de nous dire que c’est fini entre nous là… faut qu’on arrête de répondre à tes questions.
Pierre :
Déjà
Les Fatals Picards :
Allez peut être une dernière pour la route parce que tu es gentil.
Pierre :
Comment il est Julien Lepers sans ses fiches ?
Les Fatals Picards :
Sympa mais bon sans plus. Son principal problème c’est plus ses fringues. Mais il s’en sort très bien Julien.
Pierre :
J’ai une amie qui s’appelle Isabelle Noguera qui voudrait travailler avec vous sur une vidéo ?
Les Fatals Picards :
C’est la sœur d’Héléna ?
Pierre :
Non !!
Les Fatals Picards :
Bhen elle perd déjà toutes ses chances.
Pierre :
Ouais mais elle est encore plus belle que son homonyme ?
Les Fatals Picards :
Bon alors on lui répondra avec plaisir !!!! bon allez pose encore une question.
Pierre :
Les gens de gauche qui sont séduit par le centre ça vous dérange ?
Les Fatals Picards :
C’est vraiment ta dernière question ! t’en a pas une autre ?