Sanseverino - Concert La Cité (Rennes) 2004

Sanseverino - Festival Les Rockeurs ont du Coeur 2005

Sanseverino - Chronique Album "Exactement" 2006

Sanseverino - Concert L'Olympia (Paris) 2007

Sanseverino - Festival Le Bruit de Melun 2007

Sanseverino - Festival Les Vieilles Charrues 2007

Sanseverino - Concert La Cigale (Paris) 2008

Sanseverino - Telethon Le Bataclan (Paris) 2009

Sanseverino - Festival Music' Ament 2010

Sanseverino - Concert L' Omnibus (St Malo) 2010

Sanseverino - Concert L'Olympia (Paris) 2015




Chronique Album

Sanseverino - Chronique Album "Exactement" - Pierre Derensy


Le dernier disque de Sanseverino se déclenche par un « Démolissons les mots » à cappella et malgré ce titre, tout au long de son album, ils les enrichi, les ennobli même dans un débit impressionnant : son flow caractéristique jamais démenti est pur, aucun aditif fictif chez cet homme là.

Sans nous laisser reprendre notre souffle, le gypsy-very-king sympathique qui commence à avoir une sacrée belle réputation ne déçoit nullement avec cet opus plus étudié que les précédents.

L’humour de ce garçon rappelle, bien sur, Brassens et son « Comment Séduire une Femme Mariée ?» en est le plus bel exemple et fait échos à « Ne Jetez pas la Pierre à la Femme Adultère ».

Toujours cette même diversité dans les thèmes abordés : la colonisation, la société du jour d’avant, et celle du simple passant pris les mains dans le sac satirique de l’humanité et de ces lieus communs qu’il croque avec une dextérité balzacienne sur des musiques que l’on disait auparavant manouche et qui prennent ici une teinte beaucoup plus jazzy que les précédentes, spécialement cuivrées avec un big-band qui fait le coup du big bang : saxo, trompette et cadences démoniaques.

« Exactement » révèle un Sanseverino nouveau tout en n’écorchant pas sa charmante manière de faire son melting popote personnelle à base de guitares manouches. Son style, il le garde et l’enrichi. Incopiable, unique, balloche et java mais pas guignol. On est très loin d’une prose de comptoir.

Il y a du Blondin, du Fallet dans Sanseverino, de la sueur d’auteur compositeur cherchant à monter son braquet dans l’ascension et dévalant les cotes à un rythme effréné. Dans ce disque, il chante étonnamment la horde travailleuse sur « Les Ouvriers », il évoque un « André Superstar » sorte de Jésus Christ fada et donc touchant, quant à sa capacité cycliste à palper la chair sur « 10 jours avant Paris » (qui pourrait ouvrir chaque passage de la caravane du tour de France) on est ici dans une culture populaire et donc élémentaire pour prendre du plaisir.

Ayant le sens des valeurs juste, il ne se la pête jamais et c’est bien ça le tour de force : rester simple malgré le succès.