Saez - Concert Le Liberté (Rennes) 2005

Saez - Chronique Album "Paris + Varsovie L'Alhambra" 2008

Saez - Chronique Album "Yellow Tricycle" 2009

Saez - Concert Le Zenith (Paris) 2017




Chronique Album

Saez - Chronique Album "Paris - Varsovie - L' Alhambra" - Pierre Derensy


Décidément, en ce moment, je suis dans le flou le plus total lorsque s’engage une conversation qui a un rapport à la musique, aux artistes qui sortent encore des disques. Je m’accroche souvent à des bribes de mots et je ne comprends pas le sens des phrases. Hier encore, mon ami me parlait de « 16 » et je me demandais bien qui était ce double 8 dont le dernier album n’était pas « gay ». Comme mon pote est homosexuel, je me suis mépris sur ce qualificatif en imaginant que les pédés étaient hermétiques aux mathématiques.

Jusqu’à ce que je pige, au bout de l’écoute de son triple album, qu’il me parlait de « Saez » et du chagrin qui suinte dans pratiquement tous les titres.

Certes, Damien Saez ne sera jamais Bézu, il y aura toujours les pro et les anti, et j’imagine fort bien ce garçon se laisser le droit de détester même ceux qui l’aime, et apprécier ceux qui le déteste. Alors voilà, je suis partagé. Si j’écoute « Paris » le côté écorché vif à hauteur de guitare sèche, la manière de poser des mots sur une mélodie froide, le single « Jeunesse Lève-toi » ou « On a Pas la Thune », les orchestrations épurées : j’apprécie.

J’aime les histoires d’amours sinueuses comme il les chante si justement ; exemple type « Toi tu dis que t’es Bien sans moi » ou ses descriptions de l’être féminin via un piano qui file paresseusement. Par contre, si vous vous procurez le triple album : « Varsovie –L’Alhambra-Paris » le voyage risque d’être long. 2 disques sur 3 qui sortent quasi en format maquette, c'est du cadeau mais il est indispensable alors d'avoir la science de jeter ce qui est de trop. Je m’explique, j’ai l’impression d’avoir Brel ou Barbara sur quelques titres mais malheureusement aussi, les tics de Mylène Farmer sans le côté paillette.

Sur le même principe que Tim Burton, on se demande, pour faire plaisir aux gothiques, ce qu’il serait prêt à inventer quitte à perdre une vraie personnalité. Pour les auditeurs un peu plus « pointus » parfois la folie d’Antonin Artaud résonne au fil de ces 29 chansons. Au final, cette impression de mutiler sciemment une carrière me plait fortement. A force de se planter des clous dans les poignets, je vais le protéger de toutes les vis.

Mais ceci est une histoire de quincaillerie et je connais mon côté vieux punk qui crie « bravo » aux fous sans avenir. Désolé d’avoir parlé de choses et d’autres, d’avoir comparé l’artiste à d’autres, mais l’absence de livret dans le disque ne me permet pas de développer s’il y a des feeturings ou des musiciens collaborateurs. Damien Saez « parole et musique » sur le CD me fait penser qu’il a tout réalisé lui-même, ce qui prouve une fois encore le talent du jeune homme.