Chronique Album

Le Ptit Jezu - Chronique Album "Martinengo" - Pierre Derensy


Y aurait il une filière Mosellane pour sortir de grands chanteurs made in France ? Faut il venir de cette région sinistrée pour exploser au grand jour afin de s’en sortir ? Est ce que la souffrance est un gage de qualité pour un bon disque ? Le P’tit Jézu est là pour répondre « oui -amen » aux 3 questions.

Paroles d’évangile. Les textes et la musique de Piero Moioli (ex Skaferlatine) leader de ce démon de Jézu sont autant de miracles que de bon pains. C’est le fer et l’acier transformé en or, la rage au ventre et le bouquet de la mariée fanée.

Ce garçon dès « Claire » qui ouvre l’album offre son sang et son corps et cette fille nous la connaissons tous, nous en sommes tous fous et pourtant elle n’appartient qu’à lui. Son univers côtoie Dieu le père. En une chanson il pourrait être catalogué dans les plus grands. « Claire » c’est un peu le « C’est quand le Bonheur » à lui. Mais comme si les prodiges existaient et n’étaient pas le fait unique d’un surhomme, c’est bien tout au long des 9 chansons qu’il développe une intensité des sentiments mis en relief par une musique mi rock mi folk.

Avec ses faux airs de « NOsEX » du brillant mais (momentanément) oublié Zézé Mago, « Martinengo » souhaitons le, ne sera pas un epi-phénomène mais bien le début d’une grande carrière. S’il existe une justice en ce bas monde, il est impossible que « Les Eaux de la Seine » avec une simple guitare et une basse farouche ne charrient pas des flots de louanges. « Gilles » ce gentil cadre dynamique noyé sous les percussions et la faute de vivre pour pas grand chose se rapproche du distingué Miossec.

Il y a donc beaucoup d’eau dans ce disque, une nappe phréatique faite de larmes et de sueur, celles d’un artiste qui ne cache pas ses sentiments. Ses « Amis » ont tous une bonne gueule, il y a des cordes, des filles qui partent, des histoires d’amours qui arrivent, bref son name-dropping ressemble à une belle galerie de vrais gens entre chien et loup.

Alors il pourrait partir pour Venise (encore une ville d’eau) noyer ses peines ou pour « Martinengo » le village natal de son grand père, ce macaroni d’origine épure sa musique pour porter des flèches au plus profond des âmes. Prions pour que « La Petite Vague » devienne grande, qu’il marche sur les ondes des radios afin de capter le buzz d’une renommé méritée et qu’un consortium comme Mittal Steel ne l’envoie pas dans les flammes de l’enfer.