Jean Louis Murat - Chronique "Charles et Leo" 2007

Jean Louis Murat - Chronique "Tristan" 2008

Jean Louis Murat - Chronique "Le Cours Ordinaire des Choses" 2009




Chronique Album

Jean Louis Murat - Chronique Album "Tristan" - Pierre Derensy


On va me reprocher de toujours parler des mêmes artistes, mais est-ce ma faute si Murat sort des albums à la vitesse d’un cheval au galop ? De plus, maintenant que V2 a perdu son indépendance et que certaines branches d’Universal oublient les petites gens et les journalistes indépendants : je vais moi-même m’offrir les disques de JLM..

Le montant que va m’apporter cette chronique ne payera pas le prix du disque, mais je n’ai aucune hésitation pourtant à mettre une (grosse) partie de mes économies dans un disque de Jean-Louis.

Poursuivant cette idée de performance, Murat nous offre un disque d’amour. Encore un me direz vous, mais sur celui là, le sujet et le mode de fonctionnement sont importants. Pour ne pas dire primordiaux. Comme il l’avoue lui-même : « La crise du disque nous oblige à penser différemment notre métier. Avec Tristan, c’est un nouveau départ, le métier change, je change aussi. Je veux repartir de plus belle. ». Et c’est ce qu’il a fait.

Enregistré en Auvergne à l’automne 2007, par Aymeric Létoquart, de façon artisanale et avec quelques compagnons de fortune, ce disque est pur comme du cristal, sensible aux variations climatiques et les 10 chansons s’enchaînent sur un rythme doux et apaisé.

On entend battre la vie et le cœur de ce Tristan, désireux de proposer ses passions amoureuses avec un brin de mélancolie. « Tristan est un Sancy de tristesse. Il ne s’entend bien que si on pense, comme moi, que Dieu est une femme. » déclare Murat pour expliquer ce projet.

Sa voix est toujours aussi juste et l’on comprend mieux pourquoi il affirme « Je chante l’impossible amour entre Tristan et Yseult, je cherche d’où nous vient ce goût du malheur. A ma façon. » . Jean-Louis Murat est un poète qui a appris à bercer le spleen qui tourne en boucle en chacun d’entre nous.

Epuré de la frime folk américaine, le disque se goûte et de déguste jusqu’à ce « Marlène » en conclusion qui ouvre encore une nouvelle voie à exploiter, dont le résultat sera écoutable d’ici…hum… 3 mois selon le baromètre de Murat.