Chronique Album

Helena Noguerra - Chronique Album "Fraise Vanille" - Pierre Derensy


S’il fallait un parfum qui corresponde à l’amour le glacier prendrait le rose et le blanc ; la fraise et la vanille qui fondrait dans une coupelle a la terrasse d’un café de la rive gauche..

Et s’il fallait une interprète dans le panel sensuel de chanteuses disponible ces dernières années : Helena s’imposerait dans la liste des légitimes.

Alors quand elle n’est pas derrière un micro pour des projets multiples et variés, actrice, romancière, la jeune inspiratrice tombe sur un livre de Serge Rezvani alias Bassiak et voilà qu’elle se souvient que petite, sa maman lui chantait des berceuses de ce fameux vagabond.

Rencontrant ce ‘multi-indisciplinaire’ (qui abandonnait parfois la peinture afin de composer pour Boris Vian, François Truffaut ou Jeanne Moreau ses chansons de la femme aimée) Helena Noguerra va ; au bout d’une correspondance régulière et de rencontres impromptues via des reprises sur scènes ; demander humblement à récupérer certains titres de l’auteur du « Tourbillon » ou de « La Mémoire qui Flanche » dans un album entier. Helena chante Rezvani et ce n’est pas un hommage mais une réhabilitation de la mémoire commune.

Auprès de celle d’Helena, ici et là, d’autres voix : Marie-France, Philippe Katerine, Vincent Delerm. Réalisé avec Seb Martel (expert en douceur ambiance feutré) et en compagnie de musiciens tel que Julien Baer ou Bertrand Burgalat le son général est éclatant de légèreté, ce qui pourrait nous offrir un néologisme au doux nom de ‘rétro-nouveau’. Les 19 perles de cet album sont autant de madeleines que nous dévorons nostalgique mais gourmands sous le lit.