Alister - Festival Les Bars en Trans 2007

Alister - Chronique Album "Aucun Mal Ne Vous Sera Fait" 2008

Alister - Concert La Fete de la Musique (Paris) 2011




Chronique Album

Alister - Chronique Album "Aucun Mal ne vous sera Fait" - Pierre Derensy


Un nouvel « original ». On me parle pour la première fois d’Alister comme d’un nouveau venu assez étonnant que je me dois de connaître. Cette conversation se situe sur un divan, en compagnie d’une blonde maniérée avec qui j’aimerais m’allonger, mais qui ne fait que de me parler de ce type en position verticale et de sa musique, alors que je reluque ses seins de manière horizontale. Comme j’imagine qu’elle ne couchera pas le premier soir, pour un deuxième rendez-vous, il faut que je m’achète l’album ‘d’Ali’ comme elle dit.

Excusez-moi mais depuis Julien Doré, les originaux, j’en ai ma claque. Dans le doute et la concupiscence, je vais tout de même acheter le disque. J’ai justement un voyage entre Paris et Biarritz pour l’écouter dans la voiture. Je ne suis pas fou : j’emmène aussi une sélection de CD à moi, qui ne me procurent peut être pas de plans baises, mais beaucoup de plaisir.

Départ 10 heures du matin, je mets en marche mon GPS et j’installe dans l’autoradio « Aucun Mal Ne Vous Sera Fait » pour m’en débarrasser le plus tôt possible sur une aire d’autoroute. J’écoute « Qu’est ce Qu’on Va Faire de Toi ? » et là, je doute de mes facultés intellectuelles, je suis certain de ne pas avoir emporté ni Lou Reed, ni Nico et pourtant cela sonne pareil.

Le talk-over du type est une tuerie. Un slameur nombriliste qui serait enfin capable de chanter sur une musique rock, guitare alcoolique, batterie de vermine et mélodies de meute. Un single pour se prendre une bordure. 40 kilomètres maintenant que je le repasse en boucle. Et, plus je l’écoute, plus j’augmente le son. J’aurais une BMW, on me prendrait pour un dealer en balade. Il serait peut être temps après l’embranchement, de poursuivre l’album, sinon quéquette pour le bouche à bouche avec la peroxydée conquise de l’auteur-compositeur-interprète et pas encore convaincu par le chroniqueur que je suis.

Donc : « Miami » même tempo en ajoutant un saxophone martien, Jacques Dutronc et Lanzmann non plus, je ne les ai pas chargés dans le coffre ? Son fils, pourtant c’est bien le gars qui fait du manouche comme Sanseverino, ou c’est Alister qui a le même sens provocateur que le père au cigare ? Je poursuis l’exploration de ce premier album et le temps se dégage. Mince, d’une main et d’un œil je jette un regard sur le livret : Baxter Dury et Craig Silvey à la prod !!! la blonde a oublié de m’en parler, je débande sec car j’aime les cérébrales.

En parlant d’intelligence pratique et de plume : Patrick Eudeline serait fier de ce poulain qui déchire la nuit. Imaginez tous les clichés véhiculés dans Rock n’Folk pendant 30 ans, compressés sous un format CD. Houllebecq pour le ton et Burgalat dans la forme. « Fille à Problèmes » c’est du Kinks ou du Beach-Boy à claper des mains. Pendant ma pause déjeuner, je mélange le jambon fromage avec une chorégraphie sur « Bordel » devant un pompiste médusé, quand un car de policier se gare à coté de moi. Un simple contrôle car j’ai un truc dans les dents et ce n’est pas du pain mais bien un état psychologique dépendant. J’ai beaucoup de mal à leur faire comprendre que tout vient d’un album et pas de substances illicites.

Pour la fin du voyage, je décide de me calmer du rock, avec ces chansons magnétiques et cousues main du disque : « Barnum » et l’apport des cordes féeriques, l’énumération has-been de « Désordre », je replonge dans la tension avec « Paris By Night » et je suis définitivement conquis par le post-scriptum, Alister seul au piano pour un « 7 Heures du matin » superbe.

Dans un tout autre genre, j’avais ressenti les mêmes émotions d’avoir découvert une perle et un artiste orignal pour le « Boire » de Miossec ou « l’Amour Parfait » de Cali. Comme il le précise dans le titre : aucun mal ne vous sera fait, mais il n’y a aucun doute que ce disque vous fera du bien. Ha oui, pour conclure ma petite histoire, j’ai décidé de retourner d’où je venais sans changer d’album en cours de route (et pourtant j’avais de la pointure à écouter), et la blonde je ne l’ai jamais revue. Elle parlait vraiment trop mal d’Ali.